Le médecin français qui a découvert par hasard que le cuivre tenait le choléra à distance

Paris, début des années 1850. La ville est ravagée par des épidémies de choléra qui font des milliers de morts, une maladie que les médecins de l'époque ne comprennent pas encore, et encore moins savent prévenir. Au milieu de cette peur, un médecin français nommé Victor Burq remarque quelque chose que personne d'autre n'avait vu, quelque chose d'assez étrange pour qu'il y consacre plus de quinze ans de sa vie à tenter de l'expliquer.

En bref

  • Lors des épidémies de choléra de 1832, 1849 et 1852, les quelque 200 ouvriers d'une fonderie de cuivre parisienne sont restés pratiquement tous en bonne santé.
  • Burq a observé la même protection chez 400 à 500 ouvriers du cuivre plus loin dans la même rue.
  • Pendant l'épidémie de 1854-1855, il n'a trouvé aucun décès parmi les bijoutiers, orfèvres et chaudronniers.
  • Burq a visité plus de 400 entreprises et rassemblé des données sur plus de 200 000 personnes dans quatre pays.
  • En 1867, il a présenté ses conclusions aux Académies françaises.
  • Un siècle et demi plus tard, l'agence américaine EPA reconnaît officiellement les alliages de cuivre comme matériau antimicrobien.

Un étrange silence dans les chiffres de mortalité

Burq a étudié les registres hospitaliers des épidémies de choléra de 1832, 1849 et 1852 et est tombé sur quelque chose de frappant. Dans une fonderie de cuivre du troisième arrondissement de Paris, une usine mal en point selon ses propres notes et où l'hygiène laissait à désirer, les quelque deux cents hommes qui y travaillaient avaient été presque tous épargnés lors de toutes ces épidémies. Il a observé le même schéma chez les quatre à cinq cents ouvriers du cuivre qui travaillaient plus loin dans la même rue. Alors que la maladie faisait rage autour d'eux, les gens qui manipulaient du cuivre toute la journée restaient remarquablement épargnés, malgré des conditions de travail par ailleurs loin d'être saines.

Pendant la lourde épidémie de 1854 et 1855, Burq est allé plus loin encore. Il a spécifiquement recherché des décès parmi les bijoutiers, les orfèvres et les chaudronniers de la ville, des métiers où les gens manipulaient quotidiennement du cuivre et des alliages de cuivre. Il n'en a trouvé aucun.

Une enquête de quinze ans

Pour Burq, ce n'était plus une coïncidence, mais un schéma qui méritait une explication. Il s'est lancé dans ce qui allait devenir l'une des enquêtes de terrain médicales les plus vastes de son époque. Il a visité plus de quatre cents entreprises à Paris, comparant la santé des ouvriers en contact avec le cuivre à celle des autres, et a fini par rassembler des données sur plus de deux cent mille personnes, non seulement en France, mais aussi en Angleterre, en Suède et en Russie.

Encore et encore, il observait le même constat : les personnes travaillant professionnellement avec du cuivre échappaient remarquablement souvent aux épidémies de choléra. En 1867, Burq était suffisamment sûr de lui pour présenter ses conclusions aux Académies françaises, la plus haute instance scientifique que la France connaissait alors. Sa conclusion : le cuivre et les alliages de cuivre au contact de la peau semblaient protéger les gens contre le choléra.

En avance sur son temps

Ce que Burq ne pouvait pas savoir à l'époque, c'est exactement ce que les laboratoires allaient démontrer un siècle et demi plus tard. Il s'avère que le cuivre, sur des surfaces, est réellement capable de rendre bactéries et virus inoffensifs en quelques heures, une propriété aujourd'hui si bien documentée que l'agence américaine EPA reconnaît officiellement les alliages de cuivre comme matériau antimicrobien. Pour découvrir comment ce mécanisme fonctionne exactement, de cette reconnaissance de l'EPA aux recherches en laboratoire de l'université de Southampton, lis notre article Le cuivre peut-il vraiment tuer les bactéries ? Les preuves, de l'EPA à Southampton, qui explique le mécanisme derrière les observations de Burq au dix-neuvième siècle.

Burq a tiré ses conclusions avec les moyens de son époque : pas de microscopes pour voir les virus, pas d'essais de laboratoire contrôlés comme on les connaît aujourd'hui, mais une observation aiguë et un travail de terrain ténace. Les historiens ont depuis examiné sa méthodologie d'un œil critique, comme il se doit pour la science. Mais l'essentiel de ce qu'il a observé se confirme encore et encore dans la recherche moderne sur le cuivre et le choléra.

De la fonderie de cuivre à ta vie quotidienne

L'histoire de Burq montre à quel point de grandes découvertes commencent souvent par une observation simple : quelqu'un qui remarque que les choses se passent autrement que prévu et qui est assez curieux pour creuser la question. D'une fonderie de cuivre parisienne en 1852 aux produits en cuivre que tu peux ramener chez toi aujourd'hui, une ligne directe relie cette même fascination pour ce que ce métal peut faire.

Curieux des propriétés que Burq soupçonnait déjà à l'époque ? Découvre la gourde en cuivre de Kopero, ou parcours l'ensemble de la collection de produits en cuivre dotés de ces mêmes propriétés protectrices.

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